la mort revient et je la hais toujours autant

Depuis une semaine, je pleure.

Je pleure un homme que j’ai profondément admiré et aimé.

Beau papa, Antoine, vous êtes parti… Vous me manquez, vous me manquerez toujours. J’étais infiniment fière d’être votre belle fille. Où que vous soyez, soyez certain que je ne vous oublierai jamais.

 

Pudeur

Visiblement impudique, presque nue, je traversais ma vie. Sans armure ni trop d’artifice, j’étais moi. Depuis deux ans, je me vois trop souvent avec leurs yeux, ridicule et indécente.

Je ne savais pas, vraiment je ne savais pas que je pouvais provoquer ce type d’émotions chez les autres. Comment ai je pu l’ignorer pendant 44 ans ? Ai je eu de la chance pendant toutes ces années de ne tomber que sur des gens bienveillants envers moi ?

 

 

attendre

Attendre ne me va pas ; j’attends des réponses, un coup de fil, un travail.

Attendre ne me va pas. Non franchement comme toutes les personnes en recherche d’emploi j’avoue en avoir ma claque de vanter mes mérites dans des lettres de motivation. Je suis fatiguée, plus le temps passe et plus je me demande où sont mes qualités, mes compétences. C’est durail, je me sens découragée ces derniers jours.

J’ai 46 ans, ma reconversion est un doux rêve et je ne trouve pas de travail.

Tout va bien, je vais bien.

 

Give me a break!

Je me connais bien désormais et  je sais pourquoi FRANCHEMENT j’ai parfois du mal à me supporter !

Et si Dieu n’était pas celui que je crois

Je suis née dans un milieu profondément catholique emprunt de culpabilité, ma foi ne m’est donc revenue que depuis quelques années et sous une forme tout à fait différente.

Elle est pour moi une source de joie, de paix. Je vis ma religion comme une adhésion volontaire à des valeurs ; je crois que ces dernières sont celles qui peuvent permettre à des hommes de vivre ensemble sur du long terme.

Ma foi est donc une communion « quasi constante » avec ma part de Dieu. Pour moi, « il » est en chacun de nous ; cette petite voix qui sait, nous guide, nous parle et avec laquelle on s’entretient longuement dans son monde intérieur ; cette voix se serait lui, présent en tout moment mais qu’on écoute si peu.

Je prie ainsi souvent et admire la nature longuement au moins une fois par jour. Cela étant dit la semaine dernière, je me suis mise à avoir une pensée dérangeante. Et si Dieu n’était pas ce créateur merveilleux emprunt d’amour, de tolérance, de pardon, mais plutôt un Dieu je m’en foutiste qui un jour où il s’ennuyait à décider de créer la terre et s’y est collé avec énormément d’enthousiasme.

Puis les heures et jours passant, presque déjà la tête sur un autre projet, il se serait empressé de finir celui là en dessinant les hommes. Bâclés, finitions approximatives au niveau de l’esprit parfois même au niveau du corps, il aurait ensuite lancé les dés sur le plateau de la vie en se frottant les mains pour attaquer tout excité le projet suivant.

Un homme, moins timoré que les autres, aurait alors dit :

« Et Dieu, donne nous au moins le mode de fonctionnement ».

« Ah oui, c’est vrai… Tenez 10 règles quasi impossible à respecter et vous vous débrouillez avec ça ; ça devrait vous prendre l’éternité pour y arriver et presque autant pour savoir pourquoi vous jouez »!

Franchement, je préfère pousser cette pensée dérangeante et la remplacer par Dieu d’Amour ; manquerez plus que « personne » ne sache pourquoi on est là!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

catastrophe imminente

Depuis trois jours, j’ai la sensation que va se produire une catastrophe imminente. Dans les films, lorsque le narrateur (souvent héros du film) reprend le fil des événements dans un flashback , il  accompagne le moment clef d’un commentaire du type  »c’est à partir de ce moment précis que les choses ont commencé à partir en couille ».

Et bien là, c’est exactement le sentiment que j’ai ; que c’est à partir d’en ce moment même que finit quelque chose et commence une autre période de vie.

Je ne parviens pas à me débarrasser de ce sentiment qui me pousse à me souvenir et à écrire. Si j’ai toujours freiné mon  sens du drame,  cette fois ci je vais me laisser porter et on verra bien ce qu’il en sortira.

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Il y a très très très longtemps donc,  j’ai décidé purement et simplement d’arrêter de souffrir.

Je crois que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour pouvoir continuer à vivre après la mort concomitante de maman et d’Olivier.

J’ai ainsi  décidé que ces événements tragiques seraient les derniers de mon existence parce que je ne pouvais tout juste pas en affronter un seul de plus.

J’ai alors construit dans ma tête de nouveaux repères, stables, rassurants, heureux : mon couple, mes bb d’amour, mes amies parfaites, ma famille de névrosées, ma belle famille accueillante, mon boulot, ma maison Bref, un  tableau sans maladie, sans mort ni blessure,  sans violence ni tristesse,  sans défaut ni déception, sans trahison ni fin ;  un tableau fait de seuls bons sentiments, de stabilité émotionnelle.  Je choisissais de vivre chez les Bisounours dans un coton doux et rassurant qui me tenait éloignée des douleurs si vives de la réalité. Je ne voulais voir que le beau, le bon, le gentil, c’est ainsi que j’effaçais de mon mental tous les vilains côtés en toute chose, en toute personne, en toute relation alors que parallèlement lors de mes séances d’analyse j’identifiais et visitais tous les travers de ma personnalité ! Deux processus inverses se mettaient ainsi en place…

J’ai ainsi évité pendant des années toutes les sources de déconvenues avec les gens, la vie (certes, je n’ai pas pu éviter les Fiv ni la maladie de ma soeur) mais bon an mal an, j’en restais éloignée ; seule la réalité du monde du travail avait du mal à se montrer discrète. En somme, je trouvais les gens beaux, bons alors que je ne voyais chez moi plus que les cotés « sombres »!

Mais peut-on vivre indéfiniment en se voilant la face ? En ce qui me concerne,  c’est en 2012 que la tableau a commencé à se craqueler et que j’ai eu du mal à continuer ainsi,  le sujet portait sur mon couple.

Je me suis en fait rendu compte que tout idéaliser dans ma vie de couple, tout taire permettait certes de protéger l’autre mais pas de garantir la longévité de la relation.

J’ai donc ainsi commencé à accepter de voir les couacs, les défauts de l’autre,  à ne plus me dire que « c’était forcément de mon fait », à avoir plus de lucidité sur ma moitié.  J’ai ainsi appris à réguler notre relation.

J’ai aussi recommencé à  regarder les informations, lire des livres  sombres, voir des films plus durs,  parler avec des personnes gravement malades, écouter de la musique triste, accepter que mes amies et mes enfants aient aussi des défauts, à aller sans angoisse dans un hôpital, à embrasser même un mort! Je me réhabituais en fait à l’idée que nous nous ne sommes finalement que des hommes, mortels, fragiles, faillibles, des épiphénomènes au niveau de l’univers.

Aujourd’hui, je crois que ma mue continue…. que j’ai atteint mon quota de tolérance, d’indulgence, de choix de candeur.

Je crois que je vais cesser d’excuser, pardonner, comprendre, me rabaisser, je crois que je vais prendre les gens pour des gens responsables, avec leur part à prendre et qu’il va falloir arrêter en somme de se foutre de ma gueule.

Je crois aussi que je vois des choses se déliter, des cycles se terminer..Peut être que la catastrophe imminente que je vois poindre est  un changement ; or le changement est mouvement, vie. Cela dit, ça m’angoisse un peu quand même.

fête des mères

Comment deux personnes issues d’une même filiation peuvent être aussi différentes voire incompatibles ?

Hier mon père est venu chez moi m’aider à remplir une benne de déchets verts.

Lorsqu’il est arrivé, je venais de recevoir une réponse négative d’un entretien que je pensais avoir réussi. En fait, j’étais convaincue que j’aurais une proposition ; la réponse négative m’a donc vraiment attristée voire inquiétée sur mes chances d’arriver à trouver un travail.

Aussi quand mon père m’a demandé comment j’allais, j’ai répondu que je n’étais pas au top du fait de cette nouvelle.

J’ai alors  saisi un fugace recul de sa part, son langage corporel était clairement dans le refus d’entendre, il a d’ailleurs immédiatement orienté le sujet sur le jardinage sans me laisser le temps de continuer.

C’est à ce moment, juste à ce moment, que j’ai senti m’envahir à une vitesse prodigieuse : déception, colère , haine puissante et dans les minutes qui ont suivi, la culpabilité bien entendu car l’analyse rationnelle ne vient qu’après chez moi.

Comment puis je à ce point être ingrate avec lui? Il vient m’aider pour le jardinage, il a le malheur de ne pas répondre à mon attente émotionnelle du moment et hop, je perds toute objectivité et me fais dominer par des émotions atroces.

C’est un homme bon. Il fait son maximum pour moi …Il répond toujours présent quand j’ai besoin de lui. Il est  généreux, fiable, il m’aime à sa façon…et pourtant ce n’est visiblement pas suffisant pour moi… Mon ingratitude me laisse mal, je n’aime pas la personne que je suis dans ces moments là.

Comme me le conseille une de mes amies, il faut se mettre « le cœur en paix sur ce sujet ». J’essaye, vraiment fort, mais  j’ai l’impression que c’est trop profond, trop ancré.

En partant hier, il m’a dit « n’oublie pas que dimanche c’est la fête de la mère ». Son ton était autoritaire et le rappel valait injonction.

J’étais sidérée. A qui veut’il que je souhaite la fête des mères ??? Maman est morte il y a 22 ans……. Lorsque je lui ai fait remarquer que je n’avais personne à qui la souhaiter, il a essayé de camoufler sa bévue mais encore et toujours n’a marqué aucune empathie pour moi.

J’ai 46 ans, des années d’analyse au compteur et je n’arrive pas à gérer tout ça. Vraiment pas…………

 

Novembre en juin

Le temps est atroce : crachin, grosse pluie, ciel sec mais gris  voilà le triptyque  que m’offre ma fenêtre. Difficile de profiter de la campagne, les marches avec mon chien sont devenues  rares car trop boueuses. Pourtant les jolies fleurs des champs sont là qui ré haussent avec leurs couleurs presque surnaturelles nos mornes journées ; les crapauds aussi coassent et évoquent l’été…. alors bon sang que fait le soleil ?

Mon chien, laisse dans la gueule me regarde attendant  que je chausse bottes et kway ; j’ai beau l’aimer, crapahuter sous l’eau me lasse,  cet hiver est bien trop long, il nous faut de la lumière, des soirées sur la terrasse, de la chaleur sur nos peaux.

 

 

Plafond bas

Quelque soit l’énergie que je peux déployer en réfléchissant sur un sujet, je fais les constats suivants :

-il m’est difficile d’aborder un sujet avec un prisme tout à fait nouveau, je suis de façon imagée, enfermée dans des schémas de réflexion. Je constate que d’autres schémas bien plus sophistiqués existent chez d’autres personnes mais comment les atteindre chez moi, les stimuler ? Je sais que la culture est un élément de réponse mais ne demeure t’on pas tout de même enfermée par notre éducation, par un potentiel limité, des chemins neuronaux privilégiées  ?

-quand le sujet se complexifie que les variables composant le sujet se font trop nombreuses pour moi, je décroche, je suis incapable de traiter toutes les possibilités. Je plafonne donc assez vite ; je trouve triste et frustrant de le constater.

Je sais qu’il ne s’agit pas d’une limite que je m’imposerais ; je pense vraiment que pour utiliser toutes ses capacités cognitives il faut s’affranchir de certaines croyances, avoir une hauteur que je n’ai pas et que je crains de ne jamais avoir et une élasticité cérébrale qui est inexistante chez moi.

En faisant ce constat, je me dis qu’à 46 ans, je suis condamnée à tourner en rond car il est très difficile de se « déprogrammer » et puis je me dis aussi qu’en fait je suis plus con que je ne le pensais.

 

 

Fratrie

Ma soeur va mal. Depuis deux semaines ses appels téléphoniques sont complètement décousus. Un instant elle semble normale, la seconde qui suit, elle se parle à elle même, s’interpellant ou se répondant avec humeur sur des discussions qu’elle semble mener en parallèle. Comme je ne la vois pas, je pense toujours qu’elle s’adresse à quelqu’un d’autre, c’est pour dire….

J’arrive à prendre plus de recul, ses « dérapages » me glacent beaucoup moins mais ils restent tout de même très dérangeants. Dans ces moments de crise, elle me fait penser à Golum dans le Seigneur des anneaux. Je me demande si je suis sans coeur en écrivant cela. Ses tocs, ses obsessions se renouvellent davantage, elle dérape désormais sur des registres tout à fait nouveaux. Qu’est ce que cela veut dire ? Que la maladie prend du terrain ? Je ne sais vraiment pas quoi en penser.

Je crains que son compagnon ne finisse tout comme notre père à s’épuiser. Papa est de plus en plus démuni mais s’obstine pourtant à me dire qu’il gère. Tu parles…comme si nous gérions quoique ce soit ; les périodes de répit sont de plus en plus courtes, deux/trois semaines tout au plus. Parfois je me dis que même dans son cercueil, il va me dire je « gère ». Le pauvre… il m’émeut.

Je persiste à dire que ma sœur doit aller en hôpital de jour.  Le sujet est tellement récurrent que pour éviter l’affrontement, mon père me dit « oui oui » mais nous savons tous les deux qu’il n’en fera rien. En fait, ni lui ni la psychiatre de ma soeur n’ose lui imposer la fréquentation d’un établissement tel que l’hôpital de jour. C’est un paradoxe ; ils la juge incapable d’être autonome et pourtant là ils acceptent qu’elle refuse une solution qui pourrait vraiment l’aider.

C’est infiniment dommage,  je suis convaincue que ce type de structure lui conviendrait,  du moins bien mieux que sa solitude quotidienne. Elle tourne en rond toute la journée en attendant le retour du travail de son compagnon, un vrai terreau pour ses obsessions. Elle n’a jamais été ni taillée pour la solitude ni pour la vie de femme au foyer, depuis 4 ans c’est pourtant ce qu’elle vit et elle déteste ça. Quand elle s’en plaint à sa psy, cette dernière lui dit de regarder la télé pour s’occuper !

Esat, ateliers protégés, hôpital de jour, j’ai proposé des solutions que je connais  mais rien n’y fait. Mon père et sa psy persistent à croire que la tenir éloignée de ce type d’établissement lui permet de garder un peu de l’illusion d’être comme tout le monde. Mais putain, elle n’est pas comme tout le monde ! Elle est bien plus fragile et elle ne peut plus s’adapter, c’est impossible pour elle. Cet acharnement à la maintenir dans une normalité frôle  la maltraitance en fait. Je sais que papa l’aime profondément et qu’il fait ce qu’il pense être le mieux pour elle, là je crois pourtant qu’il se trompe car depuis 2013 elle chute et emporte papa dans son déclin.

 

 

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