mélancolie et inspiration

C’est en faisant ce constat qu’ado j’avais décidé de finalement ne pas devenir écrivain. Je ne voulais pas être condamnée à errer dans une mélancolie perpétuelle qui inspirait pourtant beaucoup  ma modeste production littéraire.

C’est aussi la réflexion d’une de mes professeurs de français qui a coupé net cette ambition naissante. « Je félicite …qui a seulement une moyenne de 11/20 mais qui a été constante toute l’année ».

Super…

Médiocre tu es, médiocre tu resteras. Mes notes en français ont confirmé que j’avais bien fait de changer de projet professionnel !

Pourquoi je pense à cela ? Parce que j’ai relu quelques uns de mes posts et me suis dit que je n’écrivais finalement que peu quand j’allais bien or, je vais souvent bien..Comme quoi..

 

 

je suis le problème

J’ai trop souvent la sensation que je suis « le problème ». Alors, je m’auto critique, identifie des axes d’amélioration, y travaille, m’excuse pour les efforts restant à fournir, culpabilisant pour ce que je ne pourrai pas changer.  Mais, malgré toute l’énergie que je déploie, j’ai la sensation de rester le problème.

Je suis d’après ce que je comprends « sensible », « non armée pour la vie », »trop émotive » « naïve » (pour certains), « à fleur de peau », « anxieuse », « sujette à trop de questionnements »,  « un ascenseur émotionnel », « si chanceuse d’avoir un mari comme le mien pour m’équilibrer », « vivant au pays de Mickey », »trop gentille », « lunaire », « tellement pétillante et vivante quand elle a la pêche ».

Je suis donc prédisposée à être regardée par mon père, mon mari, mes beaux parents, certaines de mes amies et même mes deux garçons, comme celle à qui on doit prodiguer des conseils car vraiment elle a « tout faux » : »prends du recul », « tu es trop à fleur de peau », « grandis », « il faut s’endurcir », « il ne faut pas être aussi sensible », « il faut se remuer », »tu prends les choses trop à cœur », « ne sois pas si transparente », »tu ne peux pas être comme ci….. comme ça »….Je suis vue comme une espèce d’adulte immature, souvent insatisfaite et donc difficile à vivre, trop dépendant de ses valeurs.

Mais bordel, est-ce qu’un jour quelqu’un pourrait me considérer comme détentrice d’une certaine sagesse ? Non je suis et serai toujours le problème. Du moins, c’est le sentiment que tout cela me donne, je ne dis pas ce que c’est vrai.  Par ailleurs, ne peut on considérer tous ces traits de caractère comme des qualités ? Au moins, cela m’aiderait à en faire autant…

Alors mon questionnement est le suivant : n’ai je pas eu tort de trop me dévoiler ? « Pour vivre heureux, vivons cachés » ; je devrais peut être apprendre à fermer ma gueule et ne plus être aussi honnête. Ce qui me manque, c’est de l’égo en fait.

 

 

 

Je suis un être responsable

Dans le monde du travail, nous sommes souvent comparables à des prédateurs. C’est triste et pourtant tellement vrai. Chacun tire la couverture à lui  car dans l’imaginaire collectif il n’y a pas de place pour tout le monde. Moi je dirais comme beaucoup le pensent que tout un tas de métiers sont délaissés, des secteurs en attente de mains d’oeuvre.

Nous avons voulu faire des bacheliers, des étudiants, des intellectuels du plus grand nombre mais est- ce vraiment pour le bonheur de tous ? réalistes économiquement ? En tous les cas, le résultat est désolant : la main d’oeuvre manque dans certains secteurs, et d’autres cherchent en vain du travail. C’est mal foutu, les dogmes doivent changer.

Lorsque je pense à l’avenir de l’Homme, j’espère vraiment que des modes de vie complètement nouveaux vont émerger car les modèles de société jusqu’alors expérimentés n’ont pas permis à l’homme de  ne montrer que le meilleur de lui même et d’offrir au plus grand nombre un cadre de vie viable et épanouissant.  Les écarts se creusent, les plus riches deviennent de plus en plus riche et les pauvres de plus en plus nombreux. Pour une société dite développée, je nous trouve donc bien archaïque quand je vois que beaucoup ne peuvent ni se nourrir, ni se loger et prient certainement pour avoir plus de chance dans un prochain karma.

L’idée de réfléchir à une société basée sur le « sens du service  » me trotte dans la tête mais je ne me vois pas trop comment les choses pourraient se construire. Je suis preneuse d’idées. Je dois y réfléchir car je ne peux pas juste baisser les bras, débrancher mes neurones et me contenter de dire que des leaders charismatiques ayant souvent plus soif de pouvoir que celui du service « publique » penseront à ma place. Je suis un être responsable. La peur fait trop parti de notre adn, elle nous a certes permis de survivre mais ne pouvons pas passer à autre chose ?

maudite procrastination! J’y suis pour rien moi!

Je ne trouve ma place nul part et pourtant j’ai besoin de travailler.

Dans un peu moins de 15 jours, je n’aurai plus de revenus ; or ceux de mon tendre et cher sont insuffisants pour couvrir nos charges (dont celles de ce gouffre  de maison dont nous sommes devenus propriétaires suite à des actions dolosives de vendeurs sans scrupules). Bien entendu, je  n’ai pas d’économie ni de providentielles stocks options, nada, rien, que dalle. Elle parait décidément  bien loin la génération de nos parents qui à nos âges avaient déjà l’ambition d’être les heureux propriétaires d’une petite maison secondaire tout en disposant d’un livret à la caisse d’épargne « pour les imprévus ».

Là, tout était prévisible et pourtant je n’ai rien fait d’efficace, comme d’hab…, je me suis contenter d’énoncer le décompte -2 mois, -1 mois-15 jours….. J’ai l’impression de me revoir à la veille de mes examens de droit lorsque je découvrais pour la première fois le cours sur lequel le lendemain je passerais à l’oral. Chaque année, c’était le même cinéma et chaque année, je jurais grand dieu qu’on ne m’y reprendrait pas.  Tu parles ! A 45 ans,  belote et re belote, j’attends encore le dernier moment et hop, je m’agite dans tous les sens. « Au secours!!!!!!!!! Help!!!!!!!!!!Sauvez moi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  Il me faut un boulot à temps partiel pour hier!!!!!!!!!!!!!!

Je suis vraiment pathétique………………… mais bon, au point où j’en suis, ça pourra peut être attendre que les fêtes soient passés hein ????

la technique de l’EMDR

Incroyable, génial!

Je parle trop souvent sur ce blog de l’expérience du D.U. coaching  au cours duquel il m’a été demandé  un  certificat émanant d’un psy pour avoir le droit de continuer ma formation professionnelle commencée en octobre de l’année 2015.

Cette expérience humiliante vécue le 26 janvier 2016 puis en avril de la même année avait laissé des empreintes que je croyais indélébiles. J’étais devenue comme vous avez pu le constater dans mes posts,  méfiante, peureuse, dissimulant mon naturel de peur d’être traitée de « folle ». Mon courrier de « plainte » adressé au Directeur de l’établissement concerné en février dernier était resté sans réponse et je ne me sentais donc pas réparée et ce, malgré le remboursement des coûts de la formation qu’avait réalisé l’université à mon employeur.  J’étais incapable de revivre ces mois là sans honte, pleur, tristesse, colère, or les souvenirs revenaient quotidiennement. Mon dégoût de moi que j’avais depuis cette époque était déroutant et me paralysait.

La semaine dernière, j’ai donc recontacté Benoit mon thérapeute pour lui expliquer l’impasse dans laquelle je me trouvais à savoir mon incapacité à être de nouveau à l’aise en public et donc d’avancer professionnellement. Mes économies inexistantes, la procès en cours pour la maison, la fin de mon indemnité pole emploi approchant, il était urgent que je trouve un boulot alimentaire car mon activité de couture retouche n’allait pas être rentable avant des mois. Or, j’étais juste incapable de me présenter pour un emploi dans cet état.

En discutant avec Benoît, j’ai compris qu’il fallait que ces événements qui m’empêchaient d’avancer soient enfin évacués émotionnellement. Il m’a proposé alors de continuer notre entrevue par une séance d »EMDR.

A sa demande, je me suis replongée dans le souvenir traumatisant. En l’occurrence, celui où le directeur du D.U. Monsieur J B me demandait le feu vert d’un psychologue pour que je puisse continuer la formation, le laisser passer pour avoir le droit d’être formée au métier pour lequel je me sentais pourtant faite. Puis, Benoît s’est assis face à moi et a fait un mouvement de la main comparable à celui d’un  balancier, balayant l’espace de droite à gauche ; il fallait que je  suive le mouvement du regard sans jamais le lâcher.

Mes yeux suivaient donc comme si j’étais spectatrice d’un match de tennis ou que je suivais un bâton lors d’ une séance d’orthoptie. Parfois ma vision avait du mal à s’adapter , se brouillait mais je tenais la cadence.

Après une quinzaine d’aller retours,  je devais prendre une grande respiration et décrire la pensée qui m’habitait sur le moment ; la première fois, le mot « rien » est venu.

Puis, Benoît a réitéré l’exercice, une fois, deux fois, dix fois, peut-être plus.

Les images qui venaient (à moi et de moi) étaient tout à fait surprenantes. A un moment, je me suis vue comme une petite fille avec un robe rose à volants d’une autre époque assise sur une chaise d’école, le Directeur du D.U debout devant moi, pointant l’ l’index était une sorte d’homme  « muppet show » qui me sermonnait  tout en pensant « ça alors, c’est la première fois que j’essaye d’impressionner quelqu’un et que ça marche! Génial! ».

Les images se sont ainsi succédées, parfois le « rien » revenait mais je sentais qu’elles me délivraient un message.

L’exercice s’est terminé alors que la paix s’installait enfin.

J’ai regardé Benoit et un soulagement formidable m’a envahi…. J’ai été prise d’ un fou rire extraordinaire, un de ces fous rires tonitruant qui emporte tout sur son passage. Quel bonheur. Les larmes de joie coulaient sur mes joues,  impossible de me contenir, je me suis déversée devant les yeux de Benoit qui avait du mal à garder son sérieux.  Il m’a alors expliqué que lorsqu’il s’était formé à l’EMDR, il s’était lui aussi plié à l »exercice et avait eu un fou rire  similaire.

Tout ceci s’est passé la semaine dernière et depuis je me sens soulagée, bien. Je suis de retour à moi et cela fait un bien fou.  Je me sens capable de respirer pleinement et d’avancer. Je me sens de nouveau à ma façon, forte.

Encore une fois, merci Benoît!

 

 

présent

Ressasser mon passé est désormais stérile. M »angoisser pour l’avenir et donc des choses qui n’arriveront probablement jamais est idiot.

Vivre « au présent » me parait la meilleure solution.  J’y parviens quand je couds, j’écris, je crée, je marche, je regarde la nature, je ris avec mes enfants, passe des moments tendres avec mon mari, prends des fous rires avec mes amies.

Dans d’autres contextes, la « discipline » est difficile.  Et puis, la nuit,  passé et futur se mélangent et dans mes rêves presque cauchemars mes angoisses profondes resurgissent : peur de l’abandon, de la mort, de ne pas gagner ma vie…

C’est chiant.

 

Mégaphone

Dans ma tête des images comparables à des BD défilent.

J’ai souvent l’impression de regarder la vie avec ce filtre, d’être une spectatrice. Aujourd’hui, je me vois avec un mégaphone à la main  sur la canopée d’un arbre très très haut, hurlant aux quatre vents un énorme « meeeeeeeeeeeeeerrrrrrrrrrrddddddeeeeeeeee!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Dieu que j’aimerais avoir des couilles et ouvrir ma gueule ou plus simplement savoir croquer ce que je vois.

J’aimerais balancer des vérités bien senties aux personnes qui se permettent de me reprendre régulièrement surtout depuis deux ans. J’en ai ASSEZ d’avoir peur de froisser, vexer, de m’excuser sous peine de ne pas être aimée ; est ce que les gens prennent des gants avec moi ? Pourquoi ne suis je donc pas capable de m’estimer suffisamment et de m’affirmer ?

C’est si facile de prendre le dessus sur moi, je m’accorde tellement peu de crédit depuis 2016.

Aujourd’hui j’ai encore bossé pour rien ; c’est la 4° fois en trois semaines.  Je ne supporte plus cet être sensible et émotif qui n’ose même pas présenter une facture pour un travail réalisé. A ce rythme là, je vais fermer ma structure de retoucheuse  rapidement.

Je n’ai pas toujours été comme ça. Cette saloperie de formation D.U. coaching m’a fait un mal fou, j’ai la sensation que tous les toulousains me regardent comme si je portais un entonnoir sur la tête. Faudrait il que nous rentrions sur Paris où je n’ai jamais eu ce type de problème ?

Les intervenants de cette formation m’ont forcée à regarder mon reflet et l’image était horrible. C’était  certes leur vision mais celle des autres élèves aussi. Le temps passe mais je reste souvent terrassée par des réminiscences, par le sentiment horrible que j’ai ressenti lorsque j’ai dû présenter mon certificat pour avoir le droit de continuer cette formation universitaire de merde. Que puis-je faire pour dépasser tout ça ? Hein ? Qu’est-ce que je peux faire ?

 

 

Pourquoi je tiens ce journal ?

Parce que j’en ai envie, besoin.

Parce que ce que j’ai dedans doit sortir et que j’ai malheureusement un mal fou à m’exprimer à l’oral. Lot de nombreux  émotifs, je perds vite mes moyens. Il suffit d’un regard, un ton de voix, une question , et ça y est, mes émotions me submergent et neutralisent complètement mes capacités cognitives, le fil de ma pensée s’effiloche jusqu’à s’étioler. C’est seulement avec des amies très intimes que je peux verbaliser sans crainte ou alors dans ma vie professionnelle passée où mon expertise était reconnue.

Par ailleurs, j’ai longtemps cru (à tort d’ailleurs) que les gens savaient ce que je pensais.  Enfant, il m’était souvent dit « on lit dans toi comme dans un livre ouvert tellement tu es expressive », j’ai dû en déduire que je n’avais donc pas besoin de parler. C’est une des très nombreuses fausses croyances qui ont longtemps guidé ma vie. Ce concept m’a été enseigné par un psychologue dont l’approche a tout simplement changé ma vie.

Lors de la seconde séance avec Benoit, il m’a demandé de lister les fausses croyances que je pensais avoir. Malgré tous mes efforts, j’étais incapable d’en trouver une autre que « regarder la tv est mal ». C’est au fil de nos échanges que le concept m’a imprégnée et que j’ai réussi à les lister. Je ne remercierai jamais assez Benoit pour son aide, sa bienveillance, sa capacité à me faire enfin croire en moi et m’aimer enfin dans ma globalité.

Donc, je crois qu’écrire est un besoin vital comme aimer, manger, rire, boire…et je le respecte en tenant ce blog. Je songe à en changer le titre. En tous les cas, j’espère que d’autres personnes qui comme moi s’épuisent parfois à être eux, trouveront dans la lecture de mon quotidien, celui d’une provinciale  de 45 ans, épouse heureuse et mère comblée, un brin de réconfort en se disant qu’ils ne sont pas les seuls à avoir trop souvent une tempête dans la tête. Voilà je crois que c’est pour ça aussi que j’écris.

 

 

la mégère is back

Depuis quelques jours, une sourde colère m’habite. Je suis extrêmement irritable. J’ai littéralement envie de distribuer des gifles à tour de bras. Je dois couver une grosse frustration, sans doute la journée de demain y est elle pour quelque chose.

J’ai vendu la réalisation d’un déguisement mais n’avais pas compris que je devais également  porter la dite réalisation à l’occasion d ‘une réception de 300 personnes. Je me sens vieille et ridicule à l’idée de me grimer ainsi pour divertir des gens. L’orgueil est un de mes défauts, il semblerait que la vie souhaite me le rappeler très vivement.  J’ai fait un choix de reconversion courageux,  le pari n’est pas gagné néanmoins je souhaiterais à l’avenir mieux « cibler » le besoin du client. Putain, je n’ai pas envie… »Madame, Madame, une petite claque ? Si si je vous assure, c’est cadeau »..

big data

Le professeur Viktor Mayer-Schönberger m’a foutu les jetons. Bientôt l’humain ne sera plus, l’intelligence artificielle aura notre peau. Et moi qui suis là à pester contre les GIG, les accros aux portables, j’ouvre mon coeur, mes états d’âme et m’offre au BIG DATA. Quelle horreur !!!!! Nous sommes certainement les seuls êtres vivants à aller non pas fleur au fusil mais iphone vissé à l’oreille offrir notre sacro constitutionnelle liberté à nos bourreaux. Mon Dieu, je me déconnecte.

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