Madame la professeur

J’ai relu quelques uns de mes posts ; Il est peut être temps que je fasse une mise à jour sur ma vie professionnelle.

Je ne fais plus de couture retouche,  exit la vie d’artisan..

En réparant des vêtements, je me suis réparée, ça me parait évident. Il était temps que j’aille de l’avant et que je reprenne confiance en mes capacités ; il m’aura fallu deux ans pour m’en sentir capable bien que parfois j’ai encore des réminiscences.

Chercher un boulot de cadre à 46 ans en province, sans réseau, a été compliqué ; j’ai pourtant essayé très fort comme mes posts le relatent.

Fin juillet, l’équilibre budgétaire de la famille était tel que j’étais décidée à prendre n’importe quel boulot à condition que l’ambiance y soit saine.  C’est à ce moment là que le rectorat m’a appelée pour me proposer un autre contrat cette fois ci d’un an.

Depuis ? Je bosse non stop  ; je gagne peu mais je suis très fière de travailler et d’être indépendante financièrement.

Quel plaisir de pouvoir choisir ce que je veux dans les rayons d’un supermarché! Je crois que pendant 17 ans, je n’avais pas compris que c’était quand même un sacré luxe. Je travaille à temps plein et fais en plus quelques heures dans un établissement supérieur dans le privé pour arrondir les fins de mois.

Les élèves sont formidables, j’en fais de nouveau le constat. J’ai ma place parmi les enfants, en tant que tel ou en tant qu’adulte ; ça reste la question en suspens…

 

 

sans sens

L’absence de sens m’a toujours dérangé. Le sens me rassure et rend ma vie supportable. Bien qu’il ne soit qu’une seule création de mon esprit, le sens que je veux voir systématiquement en toute chose me rassure profondément. Comme si le fait qu’un tiers, une entité, un Dieu (je ne sais pas comment le nommer) puisse avoir un dessein pour la petite chose que je suis rendait les choses plus faciles. Quand une merde m’arrive je me dis que c’est un mal pour un bien et que bien entendu le bien arrive à grands pas.  C’est vraiment formidable de voir toutes les stratégies que mon esprit développe pour pouvoir me rassurer.   Instinct de survie ? Bien évidemment ; en tous les cas quand j’y songe, je me dis à chaque fois « ma fille  quelle vanité ! » ; que je suis puérile en me croyant ainsi l’objet d’une attention de chaque instant.

Nous atténuons tous les douleurs de nos vécus de la sorte mais je demande combien en sont conscients ? Moi quand j’y songe, ça me plombe.

 

 

 

 

la mort revient et je la hais toujours autant

Depuis une semaine, je pleure.

Je pleure un homme que j’ai profondément admiré et aimé.

Beau papa, Antoine, vous êtes parti… Vous me manquez, vous me manquerez toujours. J’étais infiniment fière d’être votre belle fille. Où que vous soyez, soyez certain que je ne vous oublierai jamais.

 

Pudeur

Visiblement impudique, presque nue, je traversais ma vie. Sans armure ni trop d’artifice, j’étais moi. Depuis deux ans, je me vois trop souvent avec leurs yeux, ridicule et indécente.

Je ne savais pas, vraiment je ne savais pas que je pouvais provoquer ce type d’émotions chez les autres. Comment ai je pu l’ignorer pendant 44 ans ? Ai je eu de la chance pendant toutes ces années de ne tomber que sur des gens bienveillants envers moi ?

 

 

attendre

Attendre ne me va pas ; j’attends des réponses, un coup de fil, un travail.

Attendre ne me va pas. Non franchement comme toutes les personnes en recherche d’emploi j’avoue en avoir ma claque de vanter mes mérites dans des lettres de motivation. Je suis fatiguée, plus le temps passe et plus je me demande où sont mes qualités, mes compétences. C’est durail, je me sens découragée ces derniers jours.

J’ai 46 ans, ma reconversion est un doux rêve et je ne trouve pas de travail.

Tout va bien, je vais bien.

 

Give me a break!

Je me connais bien désormais et  je sais pourquoi FRANCHEMENT j’ai parfois du mal à me supporter !

Et si Dieu n’était pas celui que je crois

Je suis née dans un milieu profondément catholique emprunt de culpabilité, ma foi ne m’est donc revenue que depuis quelques années et sous une forme tout à fait différente.

Elle est pour moi une source de joie, de paix. Je vis ma religion comme une adhésion volontaire à des valeurs ; je crois que ces dernières sont celles qui peuvent permettre à des hommes de vivre ensemble sur du long terme.

Ma foi est donc une communion « quasi constante » avec ma part de Dieu. Pour moi, « il » est en chacun de nous ; cette petite voix qui sait, nous guide, nous parle et avec laquelle on s’entretient longuement dans son monde intérieur ; cette voix se serait lui, présent en tout moment mais qu’on écoute si peu.

Je prie ainsi souvent et admire la nature longuement au moins une fois par jour. Cela étant dit la semaine dernière, je me suis mise à avoir une pensée dérangeante. Et si Dieu n’était pas ce créateur merveilleux emprunt d’amour, de tolérance, de pardon, mais plutôt un Dieu je m’en foutiste qui un jour où il s’ennuyait à décider de créer la terre et s’y est collé avec énormément d’enthousiasme.

Puis les heures et jours passant, presque déjà la tête sur un autre projet, il se serait empressé de finir celui là en dessinant les hommes. Bâclés, finitions approximatives au niveau de l’esprit parfois même au niveau du corps, il aurait ensuite lancé les dés sur le plateau de la vie en se frottant les mains pour attaquer tout excité le projet suivant.

Un homme, moins timoré que les autres, aurait alors dit :

« Et Dieu, donne nous au moins le mode de fonctionnement ».

« Ah oui, c’est vrai… Tenez 10 règles quasi impossible à respecter et vous vous débrouillez avec ça ; ça devrait vous prendre l’éternité pour y arriver et presque autant pour savoir pourquoi vous jouez »!

Franchement, je préfère pousser cette pensée dérangeante et la remplacer par Dieu d’Amour ; manquerez plus que « personne » ne sache pourquoi on est là!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

catastrophe imminente

Depuis trois jours, j’ai la sensation que va se produire une catastrophe imminente. Dans les films, lorsque le narrateur (souvent héros du film) reprend le fil des événements dans un flashback , il  accompagne le moment clef d’un commentaire du type  »c’est à partir de ce moment précis que les choses ont commencé à partir en couille ».

Et bien là, c’est exactement le sentiment que j’ai ; que c’est à partir d’en ce moment même que finit quelque chose et commence une autre période de vie.

Je ne parviens pas à me débarrasser de ce sentiment qui me pousse à me souvenir et à écrire. Si j’ai toujours freiné mon  sens du drame,  cette fois ci je vais me laisser porter et on verra bien ce qu’il en sortira.

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Il y a très très très longtemps donc,  j’ai décidé purement et simplement d’arrêter de souffrir.

Je crois que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour pouvoir continuer à vivre après la mort concomitante de maman et d’Olivier.

J’ai ainsi  décidé que ces événements tragiques seraient les derniers de mon existence parce que je ne pouvais tout juste pas en affronter un seul de plus.

J’ai alors construit dans ma tête de nouveaux repères, stables, rassurants, heureux : mon couple, mes bb d’amour, mes amies parfaites, ma famille de névrosées, ma belle famille accueillante, mon boulot, ma maison Bref, un  tableau sans maladie, sans mort ni blessure,  sans violence ni tristesse,  sans défaut ni déception, sans trahison ni fin ;  un tableau fait de seuls bons sentiments, de stabilité émotionnelle.  Je choisissais de vivre chez les Bisounours dans un coton doux et rassurant qui me tenait éloignée des douleurs si vives de la réalité. Je ne voulais voir que le beau, le bon, le gentil, c’est ainsi que j’effaçais de mon mental tous les vilains côtés en toute chose, en toute personne, en toute relation alors que parallèlement lors de mes séances d’analyse j’identifiais et visitais tous les travers de ma personnalité ! Deux processus inverses se mettaient ainsi en place…

J’ai ainsi évité pendant des années toutes les sources de déconvenues avec les gens, la vie (certes, je n’ai pas pu éviter les Fiv ni la maladie de ma soeur) mais bon an mal an, j’en restais éloignée ; seule la réalité du monde du travail avait du mal à se montrer discrète. En somme, je trouvais les gens beaux, bons alors que je ne voyais chez moi plus que les cotés « sombres »!

Mais peut-on vivre indéfiniment en se voilant la face ? En ce qui me concerne,  c’est en 2012 que la tableau a commencé à se craqueler et que j’ai eu du mal à continuer ainsi,  le sujet portait sur mon couple.

Je me suis en fait rendu compte que tout idéaliser dans ma vie de couple, tout taire permettait certes de protéger l’autre mais pas de garantir la longévité de la relation.

J’ai donc ainsi commencé à accepter de voir les couacs, les défauts de l’autre,  à ne plus me dire que « c’était forcément de mon fait », à avoir plus de lucidité sur ma moitié.  J’ai ainsi appris à réguler notre relation.

J’ai aussi recommencé à  regarder les informations, lire des livres  sombres, voir des films plus durs,  parler avec des personnes gravement malades, écouter de la musique triste, accepter que mes amies et mes enfants aient aussi des défauts, à aller sans angoisse dans un hôpital, à embrasser même un mort! Je me réhabituais en fait à l’idée que nous nous ne sommes finalement que des hommes, mortels, fragiles, faillibles, des épiphénomènes au niveau de l’univers.

Aujourd’hui, je crois que ma mue continue…. que j’ai atteint mon quota de tolérance, d’indulgence, de choix de candeur.

Je crois que je vais cesser d’excuser, pardonner, comprendre, me rabaisser, je crois que je vais prendre les gens pour des gens responsables, avec leur part à prendre et qu’il va falloir arrêter en somme de se foutre de ma gueule.

Je crois aussi que je vois des choses se déliter, des cycles se terminer..Peut être que la catastrophe imminente que je vois poindre est  un changement ; or le changement est mouvement, vie. Cela dit, ça m’angoisse un peu quand même.

fête des mères

Comment deux personnes issues d’une même filiation peuvent être aussi différentes voire incompatibles ?

Hier mon père est venu chez moi m’aider à remplir une benne de déchets verts.

Lorsqu’il est arrivé, je venais de recevoir une réponse négative d’un entretien que je pensais avoir réussi. En fait, j’étais convaincue que j’aurais une proposition ; la réponse négative m’a donc vraiment attristée voire inquiétée sur mes chances d’arriver à trouver un travail.

Aussi quand mon père m’a demandé comment j’allais, j’ai répondu que je n’étais pas au top du fait de cette nouvelle.

J’ai alors  saisi un fugace recul de sa part, son langage corporel était clairement dans le refus d’entendre, il a d’ailleurs immédiatement orienté le sujet sur le jardinage sans me laisser le temps de continuer.

C’est à ce moment, juste à ce moment, que j’ai senti m’envahir à une vitesse prodigieuse : déception, colère , haine puissante et dans les minutes qui ont suivi, la culpabilité bien entendu car l’analyse rationnelle ne vient qu’après chez moi.

Comment puis je à ce point être ingrate avec lui? Il vient m’aider pour le jardinage, il a le malheur de ne pas répondre à mon attente émotionnelle du moment et hop, je perds toute objectivité et me fais dominer par des émotions atroces.

C’est un homme bon. Il fait son maximum pour moi …Il répond toujours présent quand j’ai besoin de lui. Il est  généreux, fiable, il m’aime à sa façon…et pourtant ce n’est visiblement pas suffisant pour moi… Mon ingratitude me laisse mal, je n’aime pas la personne que je suis dans ces moments là.

Comme me le conseille une de mes amies, il faut se mettre « le cœur en paix sur ce sujet ». J’essaye, vraiment fort, mais  j’ai l’impression que c’est trop profond, trop ancré.

En partant hier, il m’a dit « n’oublie pas que dimanche c’est la fête de la mère ». Son ton était autoritaire et le rappel valait injonction.

J’étais sidérée. A qui veut’il que je souhaite la fête des mères ??? Maman est morte il y a 22 ans……. Lorsque je lui ai fait remarquer que je n’avais personne à qui la souhaiter, il a essayé de camoufler sa bévue mais encore et toujours n’a marqué aucune empathie pour moi.

J’ai 46 ans, des années d’analyse au compteur et je n’arrive pas à gérer tout ça. Vraiment pas…………

 

Novembre en juin

Le temps est atroce : crachin, grosse pluie, ciel sec mais gris  voilà le triptyque  que m’offre ma fenêtre. Difficile de profiter de la campagne, les marches avec mon chien sont devenues  rares car trop boueuses. Pourtant les jolies fleurs des champs sont là qui ré haussent avec leurs couleurs presque surnaturelles nos mornes journées ; les crapauds aussi coassent et évoquent l’été…. alors bon sang que fait le soleil ?

Mon chien, laisse dans la gueule me regarde attendant  que je chausse bottes et kway ; j’ai beau l’aimer, crapahuter sous l’eau me lasse,  cet hiver est bien trop long, il nous faut de la lumière, des soirées sur la terrasse, de la chaleur sur nos peaux.

 

 

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